De l’imam Al Hassan Al Askari (عليه السلام), de l’imam Ali Ibn Al Hussein As-Sajjad (عليه السلام) qui dit :

“Un jour, le prince des croyants [Amirul Muminin] (عليه السلام) était assis au moment où un homme grec parmi ceux qui prétendent la maitrise de la philosophie et de la médecine vint chez lui et lui dit : « ‏Oh père d’Al Hassan ! J’ai été informé de ton compagnon [i.e le prophète (صلى الله عليه وآله وسلم)] et qu’il était atteint de la folie, et je suis venu pour le soigner. Mais j’ai tardé à venir pour réaliser ce que j’ai voulu. Et on m’a aussi dit que tu es son cousin et gendre, et je vois que tu es atteint d’ictère [صفار] et que tes pieds sont trop fins pour pouvoir supporter ton corps. Pour ce qui est de l’ictère, j’ai son remède, mais je n’ai aucune astuce pour renforcer tes pieds, et la solution est d’être prudent dans la marche ; d’en réduire et ne pas en exagérer ; ainsi que dans les charges que tu portes sur ton dos ou que tu tiens contre ta poitrine ; d’en limiter et de ne pas en rajouter, car, en effet, tes pieds sont trop fins ‏et ils risquent de se fracturer si tu portes des charges lourdes. Et pour la jaunisse, en voici le médicament. » Et il sortit un médicament et continua : « Il ne te causera aucun mal et ne te sera d’aucune nuisibilité, mais tu seras obligé de t’abstenir de manger de la viande pendant quarante matins. Ainsi tu seras guéri de l’ictère. »

Ali Ibn Abu Talib (عليه السلام) lui dit : « Tu as mentionné les bienfaits de ce médicament et son pouvoir de soigner la jaunisse, mais connais-tu quelque chose qui puisse l’augmenter et l’intensifier ? » 

L’homme dit : « Oui, un grain de ceci », et il indiqua une de ses solutions, et il poursuivit : « Si un humain atteint d’ictère le prend, il meurt sur le champ. Et s’il est sain, il tombe malade de jaunisse et en meurt le jour même. » 

Ali (عليه السلام) lui dit : « Donne-moi de la solution nuisible ! » Il lui en donna, puis Ali lui demanda : « Quel est son dosage ? » Il répondit : « deux poids de venin pur, et chaque portion [du médicament] suffit pour tuer un homme. »

Alors Ali (عليه السلام) en avala, et il sua légèrement, tandis que l’homme se disait : « Maintenant, je serai accusé de tuer le fils d’Abu Talib, et il ne sera pas accepté de moi que je dise : il s’est tué soi-même ! »

Ali (عليه السلام) sourit et lui dit : « Oh serviteur d’Allah ! Le plus sain qu’ait mon corps été est maintenant ! Ce que tu as prétendu être un poison ne m’a pas été nocif ! » Puis il dit : « ferme tes yeux. »

‏L’homme ferma ses yeux puis Ali lui dit de les ouvrir, et il fit et vit le visage de Ali Ibn Abu Talib blanc et rougi. Il était effrayé de ce qu’il vit. Ali (عليه السلام) sourit et lui dit : « Où est l’ictère dont tu as prétendu que je suis atteint ? » il répondit : « Je jure que tu n’es plus comme je t’ai vu ! Avant, ton visage était jaune, et maintenant il est rose. »

Ali dit : « La jaunisse qui, selon toi, allait me tuer a disparu. Quant à mes pieds, les voilà [et il étendit ses pieds et découvrit ses jambes] : tu as prétendu que je dois être attentif à mon corps dans les charges que je porte afin que mes pieds ne se fracturent pas. Et je te prouverai, tout de suite, que la médecine divine est l’opposée de ta médecine. » Et il frappa avec sa main un gros pilier en bois supportant le toit de là où il s’asseyait et deux autres étages en dessus, et le bougea, et il souleva le toit et les étages.

L’homme grec s’évanouit, et Ali (عليه السلام) dit : « Versez de l’eau sur lui. » On fit, et il se réveilla en disant : « Je jure que je n’ai jamais vu autant de mystère qu’aujourd’hui ! »

Ali (عليه السلام) lui dit : «Vois-tu, donc, la force des pieds fins et ce qu’elles peuvent supporter. Y a-t-il cela dans ta médecine, Oh grec ? »

Il demanda : « Muhammad était-il comme toi ? »

Ali (عليه السلام) répondit : « Mon savoir n’est que du sien, et ma raison n’est que de la sienne, et ma force ne provient que de la sienne. Et un homme Thaqafi parmi les arabes les plus connaissant en médecine était, un jour, venu lui dire : « Si tu es atteint de folie, je peux te guérir ! »

Alors Muhammad (صلى الله عليه وآله وسلم) lui répondit : « Veux-tu que je te montre un signe qui te prouve que je n’ai aucun besoin à ta médecine tandis que tu as besoin à la mienne ? » 

L’homme accepta, alors le messager d’Allah (صلى الله عليه وآله وسلم) lui demanda : « Quel signe veux-tu ? » Il répondit en indiquant un palmier : « Que tu fasses venir ce corymbe. » Le prophète (صلى الله عليه وآله وسلم) l’appela, alors ses racines se sont détachées de la terre, et elles la traversaient en laissant des traces pour arriver vers lui, et il demanda : « Cela t’est-il suffisant ? » Il répondit que non, alors le messager d’Allah (صلى الله عليه وآله وسلم) lui demanda : « Que veux-tu de plus ? » Il répondit : « Que tu l’ordonnes de revenir s’installer là où il était ! » Il l’ordonna donc, et le palmier revint s’installer là d’où il était venu. »

Le grec dit donc à Amirul Muminin (عليه السلام) : «Ce que tu me racontes de Muhammad est incompréhensible pour moi, et je veux m’assurer de ta part avec moins que ceci : que je m’éloigne de toi et que tu m’appelles et que je choisis de ne pas venir. Alors si tu arrives à m’emmener vers toi, ce serait un signe.»

 Le prince des croyants (عليه السلام) répliqua : «Ce ne serait un signe que pour toi, parce qu’il n’y a que toi qui sais que tu refusais de venir et que j’ai annulé ton choix sans que tu sois touché ni par moi, ni par celui à qui je commande de te toucher, ni par celui à qui je n’ai pas demandé de te toucher, mais par la puissance invincible d’Allah. Et oh grec, tu peux prétendre, comme toute autre personne, que j’ai comploté avec toi pour qu’on fasse cela. Alors si tu proposes un signe, en choisit un qui soit signe pour tout le monde. »

Il dit : « Puisque c’est moi qui propose, je te suggère de séparer et de disperser toutes les parties de ce palmier, puis de le rendre comme il était. » Ali (عليه السلام) dit : « ceci est un signe, et tu es mon envoyé au palmier. Vas lui dire : le légataire du messager d’Allah Muhammad ordonne à tes parties de se séparer et de se disperser. »

Quand il vint le lui dire, ses parties se séparèrent, s’affaiblirent, se rétrécirent jusqu’à ce qu’elles devinrent invisibles, comme s’il n’y a jamais eu de palmier dans ce lieu.

L’homme grec eut peur, et dit : « Oh légataire de Muhammad ! Tu as exaucé ma première suggestion, alors exauce aussi la deuxième : ordonne lui de se régénérer et de revenir à son état initial. »

Ali (عليه السلام) lui dit : « tu es mon envoyé. Repars lui dire : « Oh parties du palmier ! Le légataire du messager d’Allah Muhammad vous ordonne de vous régénérer et de redevenir comme vous étiez auparavant. » 

‏Le grec cria en disant cela، alors les parties dispersées se levèrent dans l’air comme de la poussière éparpillée, et‏ commencèrent à se remettre ensemble jusqu’à recomposer les branches les feuilles, les frondes, et les corymbes. Elles se regroupèrent, se rassemblèrent, s’allongèrent et se renforcèrent, et ses racines s’installèrent dans le sol et son tronc se raffermit et porta les branches et les feuilles, et les corymbes se recollèrent à leur place.  

Et au début, les corymbes étaient libres car ils étaient encore loin de la saison des dattes, des grappes et des drageons.

Le grec dit donc : « Je veux aussi que les corymbes portent des fruits, et que tu modifie leur couleur de vert en jaune et rouge, et que la pollinisation de ce dattier ait lieu pour que tu en manges et que tu m’en donnes à manger, ainsi que toute autre personne qui te visite. »

Ali (عليه السلام) lui dit : « Tu es mon envoyé au palmier, alors ordonne-lui ceci ! »

Lorsqu’il dit : « [fais] ce qu’a ordonné le prince des croyants ! », les corymbes du palmier portèrent des grappes et des dattes qui jaunirent et rougirent et ses branches s’alourdirent de fruits.‏

Le grec ajouta : « Je veux également que ses branches se rapprochent de mes mains, ou que mes mains s’allongent pour que je puisse les atteindre. Et je préfère qu’une grappe vienne vers moi, et que ma main s’allonge vers l’autre. »

Le prince des croyants (عليه السلام) lui dit donc : « Tends la main que tu veux étendre vers la grappe et dis : Oh Celui qui rapproche toute chose éloignée, rapproche ma main de la grappe !

Et retiens l’autre main que tu veux que la grappe atteigne et dis : Oh Celui qui facilite toute chose difficile, facilite-moi de tenir ce qui est loin de moi. »  

L’homme fit et dit ceci‏, et sa main droite s’allongea et arriva à une grappe tandis que les autres se rabaissèrent, touchèrent la terre et ses branches s’allongèrent.  

Puis Amirul Muminin (عليه السلام) dit : « Si tu en manges sans pour autant croire en Celui qui a manifesté devant toi tous ses mystères, Allah, exalté soit-il, accélèrera la punition par‏ laquelle il t’éprouvera et qui sera une leçon pour les sages et les ignorants parmi sa création. »

Le grec répondit : « Si je mécrois à la suite de tout ce que j’ai vu, j’exagérerai dans l’obstination, et je risquerai fortement de périr. J’atteste que tu es parmi les rapprochés d’Allah et véridique dans toutes tes paroles à Son sujet. Alors ordonne-moi de ce que tu veux, et je te serai obéissant. » 

L’imam Ali (عليه السلام) dit : « Je te commande ‏de reconnaitre à Allah l’unicité, et d’attester de sa générosité et sa sagesse, et de l’élever de toute négligence, de toute corruption et de toute injustice envers ses serviteurs.

Et atteste que Muhammad, dont je suis le légataire, et le maitre des créatures et qu’il est au meilleur rang dans l’au-delà.

Et atteste qu’Ali, qui t’a montré ce qu’il t’a montré, et t’a accordé les biens que tu as eu est le meilleur des créatures après le messager d’Allah Muhammad, et le plus digne de lui succéder et de veiller sur ses lois et ses jugements ; que ses partisans sont les partisans d’Allah, et que ses ennemis sont les ennemis d’Allah ; et que les croyants qui partagent avec toi ce que je t’ai attribué et qui t’aident à effectuer ce que je commande sont l’élite parmi la communauté de Muhammad et les meilleurs parmi les partisans [chiites] d’Ali.

‏Et je te commande de consoler tes frères qui sont tes semblables sur la croyance en Muhammad (صلى الله عليه وآله وسلم) et en moi et la soumission à nous, avec les moyens qu’Allah t’a accordé et par lesquels il t’a privilégié parmi eux: [console-les] en cessant leur pauvreté et en comblant leurs besoins et en comblant leur manque.

Quant à celui qui est à ton même niveau de foi : égale-le à toi par tes biens.

Et quant à celui qui est dans un niveau de religion supérieur au tien : privilégie-le sur toi-même par les biens que tu as, afin qu’Allah sache que sa religion est meilleure pour toi que tes biens, et que ses alliés sont plus honorés chez toi que ta famille et tes enfants.

Ainsi que je te commande de préserver ta religion et notre savoir que nous t’avons confié et nos secrets dont nous t’avons chargé. Et n’expose pas nos sciences à quiconque s’obstine à s’y opposer, et te confronte avec l’insulte et la malédiction et l’injure contre ton honneur et ton corps. Et ne divulgue pas nos secrets à quiconque nous dénigre et aux ignorants qui ne connaissent pas notre rang. Et n’expose pas nos partisans aux actions des ignorants.

Et je t’ordonne d’employer la Taqya dans ta religion, car Allah, exalté soit-il, dit : « Que les croyants ne prennent pas, pour alliés, des infidèles, au lieu de croyants. Quiconque le fait contredit la religion d’Allah, à moins que vous ne cherchiez à vous protéger d’eux. » [Sourate 3, Verset 28] Et je te permets de recourir à l’acceptation de nos ennemis par peur, à l’expression du désaveu de nous par vigilance et au délaissement des prières obligatoires par crainte des dégâts et des ravages. Car, en effet, que tu priorises nos ennemis sur nous par peur ne leur profite pas et ne nous nuit pas, et que tu montres le désaveu de nous, par Taqiya, ne nous dévalorise pas et ne nous abaisse pas.

Et en te désavouant de nous pendant une heure en étant allié à nous dans ton cœur, tu préserves pour toi-même ton âme par laquelle tu vis, et tes biens par lesquels tu approvisionnes, et ta valeur par laquelle tu t’affermis, ainsi que tu protèges toute personne connue parmi nos partisans et nos frères après cela pendant plusieurs mois et années, jusqu’à ce qu’Allah allège la détresse et dissipe l’affliction, car ceci [la Taqiya] est meilleur que de te jeter dans la destruction qui t’arrêtera des affaires de la religion et du bien de tes frères croyants.  

Et prends garde ! Prends garde à délaisser la Taqiya que je t’ai ordonnée, car, sinon, tu mettras ta vie ainsi que celle de tes frères en danger, et tes biens ainsi que les leurs en expiration, et tu t’humilieras ainsi qu’eux devant les ennemis de la religion d’Allah, alors qu’Allah t’a ordonné de les honorer.

Alors si tu transgresses mes recommandations, les dommages que tu causeras à toi-même et à tes frères seront plus grands que le mal de celui qui a de l’animosité envers nous [Naceb] et qui nous renie. »

[Tafsir de l’imam Al Askari (عليه السلام), pages 170 – 176]

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